Le Covid-19 dans le monde

Publié le 08/04/2020

Il ne vous aura pas échappé que le monde fait face aujourd’hui à une pandémie inédite sur bien des aspects. Tout d’abord sa rapidité de propagation qui a surpris bien des acteurs de la santé et des responsables politiques. Ensuite, la manière dont elle amène les différents systèmes de santé dans le monde très rapidement au bord de la rupture, peu importe la taille ou la richesse des États. Enfin, par les effets socio-économiques provoqués par une situation de crise mondiale. On pense bien sûr au ralentissement de l’économie mondiale, à la diminution des émissions de gaz à effet de serre, mais aussi au ralentissement du développement mondial.

Quels enjeux aujourd’hui, demain et après demain pour le secteur de la coopération internationale ? Cette situation doit-elle nous amener à changer nos méthodes de travail ? A faire évoluer nos projets ? Va-t-elle porter un coup aux déplacements internationaux (migrations, visites de terrain, volontariat international…) ? Profiterons nous d’une crise pour faire évoluer les modèles de développement ? Ou au contraire, est ce que tout repartira comme avant ?

Nous essaierons dans cet article de faire tout d’abord un point sur la situation actuelle dans le monde. Ensuite, nous aborderons quelques perspectives à court et moyen terme pour l’action internationale de vos structures.

Observez la progression de la pandémie en Afrique (Ou cliquez sur ce lien si l’animation ne démarre pas.)

L’interdépendance mondiale est une réalité

Où en est-on aujourd’hui ?

Parti de Chine, le virus s’est aujourd’hui répandu dans le monde entier à quelques rares exceptions, notamment sur le continent sud-américain. De nombreux foyers infectieux sont apparus depuis : Italie, Etats-Unis, Iran, Espagne… La situation a provoqué le confinement de plus de la moitié de l’Humanité.

La progression fulgurante de cette pandémie illustre parfaitement les faiblesses de notre monde connecté et globalisé. Une atteinte à la biodiversité en Afrique ou en Asie du Sud-Est, comme le braconnage d’un pangolin, amène à une rupture des systèmes de santé aux Etats-Unis, à des émeutes de la faim en Tunisie, à une crise économique en Inde mais aussi à une baisse du trafic aérien ou à un arrêt brutal du tourisme de masse.

La coopération internationale plus que jamais nécessaire

Ce constat pourrait nous amener à penser qu’un isolement généralisé serait la solution. Pourtant, cette solution amènerait très vite d’autres types de problèmes.

La réponse à des problématiques planétaires ne peut être nationale ou locale, sans quoi, elle risquerait d’être inefficace. Pour comprendre les situations, nous avons d’une part besoin d’une multitude de regards et d’autre part besoin de construire un système mondial résistant. Une multitude de regards scientifiques, politiques mais également citoyens pour trouver de nouvelles solutions et un système mondial à même de construire de la résilience à long-terme.

Au sein de Lianes coopération, nous estimons qu’une partie de la réponse consiste en la mise en place de démarches d’ECSI – Education à la Citoyenneté et à la Solidarité Internationale. L’ECSI permet aux citoyens de comprendre et de décrypter les enjeux mondiaux. Elle donne les clés à chacun pour agir et penser les situations d’interdépendance dans le domaine de la santé, de l’économique, de l’accès aux droits fondamentaux par exemple.

La situation dans les Etats fragiles

La situation sanitaire

Si les systèmes de santé apparaissent comme faiblement armés dans tous les pays, certains Etats sont considérés comme d’office en difficulté. Dans nombre de pays africains, les systèmes de santé ne sont tout simplement pas armés pour affronter de telles situations. Le Mali, par exemple, ne disposerait que d’un seul respirateur artificiel. Les pays disposant de plus de ressources étant eux aussi pris dans la tourmente, il est à craindre que peu d’aide extérieure ne soit apportée contrairement à des situations épidémique plus récentes.

Par ailleurs, les mesures de confinement ou les normes sanitaires prises en Europe ou en Asie semblent difficiles à faire appliquer dans certains contextes. La rareté de l’eau, le manque de relais médicaux, la configuration des villes… sans compter des économies principalement informelles et de subsistance. Une situation critique est à redouter avec de nombreux décès.

Pour autant, l’Afrique a quelques atouts ! La propagation du virus y est plus lente qu’ailleurs car le continent est plus faiblement relié au reste du monde. De la même manière, la mobilité interne des populations y est plus faible. Enfin, le continent a une forme d’expertise des situations épidémiques. On peut rappeler que la République Démocratique du Congo sort à peine d’une épidémie d’Ebola dont le système de santé a su venir à bout.

Les impacts socio-économiques

Au delà de la simple situation sanitaire, des impacts sur les systèmes politiques, sociaux et économiques sont à craindre. Le confinement en Inde, par exemple, a provoqué une exode urbaine massive de millions de travailleurs journaliers soudainement privés de ressources. Les difficultés d’approvisionnement en nourriture ou la rupture dans certains équilibres risquent fort d’aggraver certaines tensions déjà existantes.

Le continent africain ne fait pas exception ! Cette rupture fait craindre une recrudescence de certains conflits larvés. De plus, la gestion de la crise par les autorités risque de provoquer un mécontentement qui pourrait aboutir à une déstabilisation d’Etats déjà fragiles. D’autant plus dans un contexte où la puissance publique s’affirme de plus en plus comme une nécessité. L’enjeu pour la coopération française est aujourd’hui de se trouver à la hauteur d’un nouveau défi qui nous oblige à penser de manière systémique, rapide et de grande ampleur. Voilà, un défi à relever collectivement !

L'impossible confinement dans les pays du Sud

Sans accès à l'eau ou à la nourriture, le confinement est impossible à respecter pour les personnes pauvres des pays du Sud.#coronavirus #covid19

Gepostet von RTBF Info am Sonntag, 5. April 2020

Quelle place pour les acteurs de la coopération internationale

Des mesures d’urgence du ressort des spécialistes de l’urgence

La situation exceptionnelle requiert la mise en œuvre de mesures d’urgences prises en collaboration avec les autorités sanitaires de chaque pays. Elles sont, donc, du ressort exclusif des organisations dites “urgentistes”. Le métier de ces organisations est de mettre rapidement sur pied des équipements, des politiques, des mesures curatives. Il serait contre-productif en cette période de voir se multiplier des initiatives non-coordonnées sur l’ensemble de la planète. Par ailleurs, les mesures de confinement rendent plus difficile toute action.

A plus long terme

Cependant, toutes les organisations de coopération internationale ont un rôle à jouer à plus long terme. ONG, collectivités territoriales, entreprises, hôpitaux… beaucoup peuvent contribuer à l’amélioration de la résilience des pays fragiles. Plusieurs pistes de travail sont ainsi possible :

Un système de santé efficace repose essentiellement sur 3 piliers. La qualité des équipements et du personnel médical et sanitaire, d’une part, mais également les comportements sanitaires de la population et la mise en place de politiques de santé à tout niveau d’autre part. Votre organisation peut donc choisir de travailler avec les acteurs du secteur médical, avec la population ou avec les collectivités locales de vos zones d’intervention pour essayer de prévenir et améliorer la résilience des systèmes locaux de santé. C’est une piste de travail possible.

Pour autant, le travail directement axé sur la santé ne doit pas faire oublier d’autres éléments essentiels au développement humain. D’autres pistes de travail existent et permettent de contribuer à la situation ! Améliorer l’accès à l’eau, à l’éducation, à l’énergie… sont autant de facteurs visant à rendre une population mieux armée pour faire face à des événements. Aujourd’hui, une maladie mais demain les effets du changement climatique, des crises politiques, économiques…

En conséquence, en période de crise, Lianes coopération recommande aux porteurs de projets de prendre le temps de penser aux causes et aux effets des problématiques rencontrées. Ainsi, il vous sera plus facile d’envisager des actions préventives pour de futures crises ou curatives pour celles en cours.
Ne pas oublier les actions ne relevant pas du domaine de la santé mais permettant de maintenir du développement humain. Notamment, en prenant en compte que l’éducation, l’alimentation, l’urbanisation influencent les questions sanitaires.

En conclusion

En conséquence, plus que jamais le monde a besoin de réponses globalisées aux défis qu’il rencontre. Ces réponses doivent également se concrétiser au niveau local, à ce titre la coopération de territoire à territoire apparaît comme un outil approprié. Pour autant cette coopération ne doit ni faire abstraction de la crise en cours, ni apporter des réponses d’urgence ne permettant pas d’envisager le long-terme. Il vous faut, dès maintenant, avec vos partenaires, imaginer le monde d’après !

Lianes coopération

Lianes coopération – Réseau régional multi-acteurs de la coopération internationale des Hauts-de-France.

Le réseau fédére l’ensemble des acteurs de la coopération internationale de la région sans distinction de statut juridique. Ensemble ses membres élaborent des stratégies communes, montent en compétence, dialoguent avec bailleurs et pouvoirs publics et mutualisent leurs actions.

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